Middlewest, tome 1

Middlewest, tome 1 : « Anger », Skottie Young & Jorge Corona, Urban Comics, 176 p., septembre 2020.

Quatrième de couverture :

Depuis le départ de sa mère, Abel est élevé d’une main de fer par un père rongé par le chagrin. Un mot, un geste, un affrontement de trop, laissera dans le cœur d’Abel des séquelles profondes et, sur son torse, une marque indélébile. Accompagné de son ami le plus fidèle, un « Jiminy Cricket » aux allures de renard, le jeune garçon choisit de fuir pour mieux se reconstruire loin de la violence paternelle. Un périple à travers un pays fantastique marqué par des rencontres toujours plus extraordinaires, au cours duquel Abel devra faire la paix avec son histoire de famille et apaiser cette colère nouvelle qui monte en lui.

Mon avis :

Le premier tome de Middlewest ayant été choisi pour le bookclub graphique de Livraddict, j’ai décidé de me le procurer pour participer à ce rendez-vous. Grand bien m’en a pris, car je n’avais jamais entendu parler de cet ouvrage, qui est une belle découverte.

Abel vit seul avec son père, dans la campagne de l’Est des États-Unis, et leurs relations sont loin d’être apaisées. Alors qu’il livre des journaux et passe son temps libre avec ses amis lorsqu’il ne va pas à l’école, il fait une bêtise en compagnie de ces derniers, ce qui provoque le courroux de son père. Pour le punir, celui-ci l’oblige à dormir dehors. Le vent se mêle à tout cela, et une terrible cicatrice apparaît sur le torse d’Abel, qui prend de plus en plus de place, et s’accompagne de pouvoirs qui l’effraient. Suivi de son fidèle complice, un renard doué de parole qui n’hésite pas à lui lancer de petites piques acerbes, Abel part, dans l’objectif d’avoir des réponses à ses questions. Au cours de cette quête, initiatique, il fera la rencontre de personnages très intéressants et charismatiques, dans un monde fantasy assez sombre.

J’ai apprécié cette lecture, que j’ai trouvée originale du fait de son univers, qui mêle magie, robots, animaux qui parlent… mais aussi campagne américaine. Les dessins sont très bien réalisés et colorisés, même s’il me semble dommage que lors des plans un peu larges, les visages des êtres humains ne soient pas crayonnés – nous avons juste un rond vide couleur peau. Le thème de la colère, qui est au centre de l’œuvre, est particulièrement bien traité, car incarné par une tornade. On découvre la violence qui ronge Abel de l’intérieur, et le combat qu’il livre contre lui-même pour contenir cette rage, qui a finalement pour origine le comportement de son père. Cela montre que ce que l’on vit dans sa jeunesse façonne, en partie, l’adolescent et l’adulte que l’on devient, même si, à l’image de notre héros, on peut lutter contre le modèle parental. Le renard apporte un peu de fraîcheur grâce à son humour et à sa manière d’aider Abel à garder la tête froide. Mais d’autres sentiments ont aussi la part belle, telle que la peur. L’amitié est également au centre de ce comics, et j’ai apprécié les protagonistes qu’Abel rencontre et desquels il se rapproche petit à petit.

C’est donc avec plaisir que je lirai la suite de Middlewest, qui est une œuvre terminée, en seulement trois tomes.

Une enquête de Ginger Gold, tome 1

Une enquête de Ginger Gold, tome 1 : « Un squelette dans le placard », Lee Strauss, City, 288 p., août 2021.

Quatrième de couverture :

Après des années passées en Amérique, Ginger Gold, jeune veuve un peu excentrique, est de retour à Londres pour vendre sa maison d’enfance. Un séjour banal qui se complique quand Boss, son petit chien, découvre le corps momifié d’une femme dans le grenier. Shocking ! Qui est la victime ? Depuis combien de temps est-elle là ? À ses risques et périls, Lady Gold se lance dans une délicate enquête aux côtés de sa dynamique dame de compagnie et du séduisant inspecteur Basil Reed. Les indices semblent tous converger vers une soirée organisée dans la maison dix années plus tôt. Ni une ni deux, pour enfin lever le voile du mystère, Ginger décide d’organiser une nouvelle soirée, en invitant les mêmes convives que dix ans auparavant. Une idée géniale ? Pas sûr, car avant la fin de la soirée, un nouveau meurtre est commis…

Mon avis :

Voici encore une série de cosy mystery qui me faisait bien envie. J’ai donc cédé à la tentation, et malgré un petit bémol, j’ai plutôt bien apprécié ma lecture.

Lady Ginger Gold quitte Boston, où elle vit depuis de nombreuses années, pour se rendre à Hartigan House, la maison de ses parents située en Angleterre, dont elle vient d’hériter à la suite de la mort de son père. Alors qu’elle est sur le paquebot en compagnie d’Haley, son amie infirmière qui l’accompagne et souhaite faire des études à Londres pour devenir médecin, elle reçoit un télégramme pour le moins inquiétant de la part de Pippins, le majordome : « Découverte épouvantable dans grenier Hartigan House ». En effet, quand elle arrive, elle trouve un cadavre dans le logis de son enfance. Bien qu’elle soit forcée d’avertir la police vu la gravité des faits, elle décide de mener l’enquête avec la complicité de son amie, espérant ainsi sauver la réputation de feu M. Hartigan.

J’ai passé un excellent moment avec « Un squelette dans le placard », qui se déroule dans les années 1920. Tout d’abord, j’ai beaucoup aimé le personnage de Ginger, une femme pétillante malgré les épreuves de la vie, dont la perte de son époux. Déterminée, rusée et quelque peu excentrique, rien ne semble pouvoir l’arrêter. Mais les autres protagonistes ne sont pas en reste, à commencer par Pippins, homme d’un certain âge, qui a connu Ginger alors qu’elle n’était qu’une enfant, et qui la surnommait « Petite demoiselle ». J’ai été touchée par la tendresse qu’ils ont l’un pour l’autre. J’ai également apprécié Félicia, la belle-sœur de notre héroïne, qui rêve de quitter la campagne, où elle vit avec sa grand-mère, pour habiter la capitale anglaise, ce qui augmenterait considérablement ses chances de trouver un bon parti. Lors d’une reconstitution d’un dîner qui s’était déroulé voilà dix ans, et qui représente la dernière apparition de la femme retrouvée dans le grenier, nous rencontrons une galerie de personnages qui ont tous des caractéristiques qui leur sont propres, et menons l’enquête parmi ces individus ayant tous une situation confortable… jusqu’à ce qu’un second assassinat vienne perturber les investigations de Ginger et de la police. Le tout est parsemé d’humour, ce qui n’en rend la lecture que plus agréable. Par ailleurs, Lee Strauss retranscrit parfaitement l’ambiance de cette période, ce que j’ai apprécié. Ma réserve réside dans le dénouement de l’intrigue, qui m’a semblé manquer quelque peu d’originalité, car j’ai lu il y a peu un autre roman ayant eu recours au même procédé.

Néanmoins, j’ai passé un très bon moment avec cet ouvrage, et je découvrirai avec grand plaisir le tome suivant.

Je dépasse mes peurs et mes angoisses

Je dépasse mes peurs et mes angoisses, Christophe André & Muzo, Points, 288 p., mars 2010.

Quatrième de couverture :

Vous êtes du genre à ne pas fermer l’œil de la nuit au moindre petit problème ? Vous avez peur de l’avion, du métro, des insectes ? Parler en public vous est impossible ? Vous avez la phobie des microbes et la manie du nettoyage ? Soucis, paniques, phobies : nous connaissons tous ces états d’anxiété. Et pour les surmonter, il suffit parfois de si peu…
Malicieusement illustré par Muzo, ce manuel souriant de psychologie propose une approche pédagogique et dédramatisée de la souffrance ordinaire ! 

Mon avis :

Après qu’on me l’a recommandé, j’ai voulu découvrir Je dépasse mes peurs et mes angoisses, un ouvrage intéressant, mais très accessible, qui traite des peurs et des angoisses.   

Dans cet ouvrage, Christophe André nous propose cinq grands chapitres consacrés aux thématiques suivantes : l’angoisse, l’anxiété sociale, les peurs, les crises de panique et les TOC. Des sujets peu amusants, il est vrai, mais que l’auteur parvient à dédramatiser grâce à la complicité de Muzo, illustrateur qui nous offre soit des petits dessins humoristiques pour agrémenter le texte, soit quelques planches pour mettre en scène les situations décrites en y apportant une pincée de divertissement. Que ce soit parce que vous êtes vous-même concerné, parce qu’un de vos proches rencontre une de ces problématiques, ou par curiosité, cet ouvrage peut intéresser tous les types de lecteurs. 

Pour chaque chapitre, qui aborde une des thématiques susmentionnées, l’auteur définit tout d’abord le sujet qu’il va présenter. Il explique ce qu’est un comportement dit normal, un qui l’est moins, et celui qui est pathologique ; à chacun de savoir où il se situe sur cette échelle. Il donne également « l’avis du psy » sur ces diverses difficultés, et propose des pistes de solutions à mettre en place pour les surmonter. Mais le plus important, à mon sens, est que la bienveillance de Christophe André transpire à travers ces pages. Par ailleurs, il s’exprime dans un langage clair, imagé, accessible à tous, dans un texte accompagné d’illustrations, qui apportent une certaine légèreté. Ensemble, ils s’adressent aux petits angoissés comme aux grands anxieux. Le psychiatre explique aussi que si la peur est l’œuvre de l’esprit, la souffrance est, quant à elle, bien réelle. Et face à une situation susceptible de déclencher une crise d’angoisse, il recommande de prendre du recul en se posant les questions suivantes : « Est-ce sûr ? Est-ce grave ? Que puis-je faire d’utile et d’adapté ? » 

Je conclurais cette chronique par une petite devinette : savez-vous ce qu’est l’ailourophobie ? Et l’astrapéphobie ?

Les Détectives du Yorkshire, tome 1

Les Détectives du Yorkshire, tome 1 : « Rendez-vous avec le crime », Julia Champan, Robert Laffont, 408 p., avril 2018.

Quatrième de couverture :

Quand Samson O’Brien débarque sur sa moto rouge à Bruncliffe, dans le Yorkshire, pour y ouvrir son agence de détective privé, la plupart des habitants voient son arrivée d’un très mauvais œil. De son côté, Delilah Metcalfe, génie de l’informatique au caractère bien trempé, tente de sauver de la faillite son site de rencontres amoureuses. Pour cela, elle décide de louer le rez-de-chaussée de ses locaux. Quelle n’est pas sa surprise quand son nouveau locataire se révèle être Samson – et qu’elle découvre que son entreprise porte les mêmes initiales que la sienne !
Les choses prennent un tour inattendu lorsque Samson met au jour une série de morts suspectes dont la piste le mène tout droit… à l’agence de rencontres de Delilah !

Mon avis :

Voulant poursuivre ma découverte des cosy mystery, j’ai décidé de lire Les Détectives du Yorkshire, un des célèbres romans appartenant à ce genre. Et je ne regrette absolument pas !

Après des années d’absence, Samson revient dans son village du Yorkshire pour y ouvrir une agence de détective. Il va partager les bureaux de Delilah, qui tient, quant à elle, une agence de rencontres. Si le retour de Samson est loin de combler de joie les habitants du village, il ne va pas tarder à trouver une cliente qui doute du prétendu suicide de son fils. Mais il semblerait que cette disparition soit liée à l’entreprise de Delilah, et elle ne serait pas la seule. Sur fond de rancune familiale, aux côtés d’un détective qui cache bien des choses et d’une Cupidon qui a des talents insoupçonnés pour l’informatique, nous allons découvrir ce coin de Grande-Bretagne, ses résidents et leurs secrets les plus sombres… en espérant qu’ils parviennent rapidement à démasquer le meurtrier, car la mort rôde dans les rues de Bruncliffe.

« Rendez-vous avec le crime » débute in medias res : deux pages de lues, et déjà un mort. Ensuite, Julia Chapman nous présente les lieux et les personnages, prenant le temps de les inscrire dans l’histoire avant que l’enquête ne prenne place, et de nous expliquer les liens qui les relient les uns aux autres. Les habitants sont loin d’être chaleureux avec Samson, car la plupart lui tiennent rigueur de son départ précipité, et ne voient pas son retour d’un bon œil – retour dont il ne veut pas dévoiler la raison. Delilah, quant à elle, rencontre des difficultés financières, et après avoir raté son mariage, il est hors de question que son entreprise connaisse le même échec. Tant pis si, pour cela, elle doit louer le rez-de-chaussée de son local à Samson et que ses frères ne sont pas ravis. Vous l’aurez compris, Delilah est une femme de caractère, mais elle a aussi le cœur sur la main, et va se glisser dans la peau d’une enquêtrice amatrice pour découvrir qui s’en prend à ses clients, et surtout pourquoi. Par ailleurs, elle est l’heureuse propriétaire de Calimero, un braque de Weimar adorable. Autour d’eux gravite une toute galerie d’individus hauts en couleur, et si j’avais du mal à me souvenir de qui était qui au début, ce problème s’est résolu de lui-même par la suite grâce aux petits rappels disséminés par l’auteure dans son récit.

Voici donc une agréable lecture avec deux personnages principaux que j’ai beaucoup aimés et aux côtés j’ai pris plaisir à enquêter, ainsi que d’autres protagonistes qui m’ont tout autant intéressée. Le deuxième tome figure en bonne place dans ma wish-list, et il ne devrait pas y rester trop longtemps.

Agatha Raisin enquête, tome 1

Agatha Raisin enquête, tome 1 : « La Quiche fatale », M.C. Beaton, Albin Michel, 324 p., juin 2016.

Quatrième de couverture :

Sur un coup de tête, Agatha Raisin décide de quitter Londres pour goûter aux délices d’une retraite anticipée dans un paisible village des Costwolds, où elle ne tarde pas à s’ennuyer ferme. Afficher ses talents de cordon-bleu au concours de cuisine de la paroisse devrait forcément la rendre populaire. Mais à la première bouchée de sa superbe quiche, l’arbitre de la compétition s’effondre et Agatha doit révéler l’amère vérité : elle a acheté la quiche fatale chez un traiteur. Pour se disculper, une seule solution : mettre la main à la pâte et démasquer elle-même l’assassin.

Mon avis :

Depuis plusieurs années, j’entendais parler d’Agatha Raisin. J’ai décidé de me lancer à mon tour et de découvrir ce cosy mystery. C’est désormais chose faite !

Agatha Raisin, cinquantenaire au caractère bien trempé, décide de prendre une retraite anticipée et de quitter Londres pour s’installer dans un cottage situé dans l’arrière-pays, au sein du village de Carsely. Mais elle rencontre des difficultés pour s’intégrer et s’ennuie rapidement. Afin de se faire une place dans cette communauté où tous se connaissent, elle participe à un concours de tartes. Mais cette femme, qui était jusque très récemment active et adepte des plats surgelés, est une piètre cuisinière ; elle choisit d’aller acheter une quiche, étant sûre de tous les bluffer. Mais c’est là que le drame se produit : le jury de l’événement meurt après avoir goûté sa tourte. Agatha est bien décidée à mener l’enquête pour savoir qui a assassiné M. Cumming-Browne, et surtout, qui la fait passer pour une criminelle.

La Quiche fatale est un roman policier, mais avant tout, nous allons découvrir son héroïne, sa nouvelle vie, l’arrière-pays, les commérages et les crêpages de chignons… Agatha Raisin a un caractère bien trempé – pour ne pas dire un caractère de cochon –, mais elle m’a beaucoup amusée. Elle a un franc-parler à nul autre pareil, et n’hésite pas à faire un doigt d’honneur à sa voisine ! Elle a un don pour se retrouver dans des situations cocasses, et est plus têtue qu’une mule. Pour ma part, je l’ai beaucoup aimée. Elle m’a fait rire à de nombreuses reprises, mais a également réussi à m’émouvoir. J’ai, par ailleurs, apprécié le personnage de Bill Wong, un policier qui va se lier d’amitié avec elle, et qui va lui répéter nombre de fois qu’élucider ce meurtre est dangereux et réservé aux forces de l’ordre… Mais comme de bien entendu, notre chère Agatha ne fait que ce qu’elle a décidé. Le tout est relaté d’une façon très visuelle : on s’imagine sans mal les visages outrés de ses concitoyens, et elle est malgré tout très attachante.

C’est donc un très chouette premier tome, drôle et léger, parsemé d’humour so british tout du long. Comptez sur moi pour lire la suite sans tarder !